Metal Gear Survive — Beaucoup moins pire qu’on l’imagine

Metal Gear Survive

Il y a peu de temps, le tout dernier jeu de la franchise Metal Gear Survive était finalement disponible. Bien sûr, le tout a fait controverse suite au départ d’Hideo Kokima, le père créateur de la série. Partout sur le web, il est possible de voir la frustration des fans qui lapident le jeu et sa raison d’être. Cependant, il nous faut répondre à une question. Est-ce que Metal Gear Survive est vraiment aussi mauvais que l’on tente de nous faire croire? C’est ce que nous tenterons de résoudre avec cette critique. Sur ce, bonne lecture!


Fiche Technique

  • Développeur : Konami
  • Éditeur : Konami
  • Plateformes : PC, Xbox One, PlayStation 4
  • Nombre de joueurs : 1 à 4
  • Genre : jeu de survie, jeu de furtivité
  • Prix de base : 59,99 $CDN (Steam)
  • Disponible en français : oui (texte seulement)
  • Extensions : non
  • Disponible depuis : 21 février 2018

Les micro-transactions… ce fléau

Je ne pouvais pas écrire cette critique sans commencer par l’aspect micro-transactions démontré dans Metal Gear Survive. En effet, aussitôt arrivé dans l’écran de sélection de personnages, on nous montre l’infâme cancer des jeux vidéo; l’argent en-jeu. Pour 1000 SV Points (environ 10 dollars), il nous est possible d’acheter un nouvel emplacement pour un second personnage. Ainsi qu’un troisième et qu’un quatrième. Pour être honnête, cela m’a fâché de voir que l’on souhaitait nous faire payer pour le droit d’avoir plus qu’un fichier de sauvegarde. Et ce fléau n’est pas que la faute de Konami, mais de l’industrie en général qui commence à opter de plus en plus pour ces méthodes agressives de faire de l’argent sur le dos des joueurs.

Encore une fois, on nous prouve que Konami est avare et qu’il se déconnecte de plus en plus du monde des jeux vidéo. Après tout, c’est Konami qui détruit à petit feu ses franchises en les transformant en machines de Pachinko. Qui aurait pu croire que Silent Hills se transformerait en machine à sous? Pas moi en tout cas! Bref, cela pourrait être le sujet d’un éditorial au complet. Je me garde le tout pour une session de chiâlage intense dans le futur. Et qui sait? Peut-être même une ligne ouverte pour vous permettre d’en jaser avec moi?

Au final, c’est l’un des plus négatifs du jeu. Certes, il nous est possible de gagner des SV Points en jouant et en se connectant à tous les jours. Cependant, cela sera toujours plus long que d’acheter les points. Certes, c’est un jeu coopératif. Cependant, on récompense encore ceux qui désirent flamber leur argent. Et ça, ça m’énerve.


Les éléments de survie

Commençons avec l’aspect principal du jeu; la survie. Afin de nous offrir un jeu de survie classique, Metal Gear Survive a été dans le classique en nous offrant des mécaniques bien connues des amateurs du genre. Entre autre, il nous faut gérer notre barre de faim et de soif qui influencent directement notre régénération de points de vie et d’endurance. Par la suite, il y a les aspects de « crafting » et la construction d’une base, éléments assez classiques du genre. En général, je suis assez satisfait des éléments de survie proposés par Metal Gear Survive. Certes, on ne réinvente pas la roue. Cependant, on nous offre quelque chose de bien léché et de fonctionnel. On nous propose un jeu de survie, et on livre la marchandise. Sinon, voici quelques trucs intéressants;

Les ressources

Afin de survivre, le jeu nous offre une variété de ressources pouvant être utilisées pour construire notre base, nos armes, notre équipement et se nourrir. Dans le lot, il y a bien sûr une variété d’animaux que l’on peut chasser et de fruits/légumes pouvant être récolter pour se nourrir. D’ailleurs, le jeu nous permet également de faire la cultivation de certains légumes et l’élevage de certains animaux pour nourrir son équipe, ce qui est une belle touche. Ensuite, il y a l’eau que l’on doit cueillir et filtrer. Le seul problème que j’ai avec l’eau c’est qu’il nous est impossible de la faire bouillir avant plusieurs heures de jeu; causant des risques d’intoxication chaque fois que l’on tente de boire de l’eau non traitée. Croyez-moi, vous ne souhaitez pas vous battre dans cet état, un petit vomis pourrait causer votre perte.

Ensuite, il y a les matériaux de construction; métal, briques, cordes, bouteilles vides, bois et j’en passe. Pour trouver ces ressources, vous pouvez détruire certains éléments du décor (tables, barils, etc). Vous pouvez également trouver ses ressources dans les étagères d’un bâtiment, dans des coffres ou bien dans des conteneurs dispersés un peu partout dans l’environnement. Sinon, les missions en coopération vous offrira des ressources en récompense pour vos efforts sous forme de boîtes. Il existe plusieurs niveau de rareté pour ces ressources, niveau de rareté qui rendra la construction de certains trucs vraiment plus difficile.

La cuisson de la nourriture

Et puis, vient la préparation de la nourriture que l’on a cueillit. Premièrement, celle-ci peut périmer si on ne la prépare pas assez rapidement. Pour se faire, on peut faire rôtir la viande et les légumes en premier lieu. C’est assez basique, mais cela nous permet de manger sans courir de risques d’intoxication. Par la suite, on nous offre la chance de mélanger notre nourriture avec des liquides pour créer de la purée de pommes de terre ainsi que des soupes à la viande. On peut également nous permettre de faire fumer la viande afin de la conserver pour toujours, permettant de se faire des réserves qui dureront longtemps. La beauté avec ce système, c’est que les recettes peuvent nous offrir des bonus pratiques.

Par exemple, une soupe nous permet de remplir à la fois notre score de faim et de soif alors que certaines recettes de nourriture fumée affecteront nos capacités physiques; rapidité d’attaque, force augmentée, vitesse de sprint supérieure, etc. C’est une petite touche qui me fait penser aux jeux de rôle avec des systèmes d’alchimie et c’est assez intéressant. D’ailleurs, je me suis donné le but de goûter à TOUTES les recettes possibles. J’en ai pour longtemps… hahaha!


Le système de combat

Dans Metal Gear Survive, les ennemis  grimpent de niveau au même rythme que vous. Du coup, une arme découverte au début du jeu aura sensiblement la même efficacité tout au long du jeu. Là où la difficulté augmente, c’est dans la variété des ennemis et leurs différentes attaques. Plus un monstre sera fort, plus il sera difficile de prévoir ses attaques et ses mouvements. Le système de combat est un peu difficile à prendre en main au début, mais après quelques heures de jeu, on finit par être à l’aise avec les différentes mécaniques.

D’ailleurs, on nous introduit à de nouveaux monstres dans la moitié du jeu, ce qui chance complètement notre façon d’approcher les combats. Certains monstres se cachent sous terre pour vous tenir immobiliser avec ses lianes. D’autres sont des experts en artillerie lourde, capables de vous lancer des explosifs à distance ou de vous tirer comme si leur bras étaient de puissants fusils d’assauts. En plus, certains ennemis sont capables de sauter d’énormes distances ou de voler. Bref, de piquer les ennemis à travers les clôtures… ce n’est pas très efficace. C’est une perte de temps et de ressource. Bien souvent, on nous encourage d’aller vers les ennemis directement afin de les éviter de prendre trop de terrain.

L’évolution de son personnage

Au début du jeu, on doit collecter manuellement de l’énergie Kuban sur les monstres que l’on a détruit. Cette énergie sert à la fois de points d’expérience et de ressources pour construire des trucs (éléments pour la base, armes, munitions, etc). Après plusieurs heures de jeu, cette action devient rapidement inutile en raison du temps qu’elle demande. Pour contrer le problème, il nous faut compléter des missions spéciales dans le mode solo ou bien des missions en mode coop. Chaque fois qu’un joueur achète un niveau de classe, celui-ci possède un point qu’il peut attribuer dans une compétence de son choix (maîtrise d’une sorte d’arme, statistiques, exploits physiques, etc). Éventuellement, on nous offre également des sous-classes qui nous permettent de spécialiser son personnage. Le système est simple, mais fonctionne assez bien.


Les contrôles

Si vous avez joué à Metal Gear Solid V, vous ne serez pas déçu des contrôles du jeu. En effet, comme le Metal Gear Survive utilise le Fox Engine, le jeu se joue pratiquement de la même façon. Cependant, il est préférable de jouer avec une manette si vous êtes sur un ordinateur. Les contrôles clavier-souris fonctionnent, mais on remarque assez rapidement que le jeu a été conçu pour les consoles. Le tout est intuitif, mais les mouvements sont parfois difficiles à gérer dans les endroits reclus.


Les graphismes

Visuellement parlant, je dois avouer que c’est une réussite. On s’entend, le jeu n’est pas un chef d’oeuvre artistique, mais le résultat final est toutefois assez agréable à l’oeil. Cependant, il est important de mentionner que beaucoup d’éléments ont été recyclés du Fox Engine. Du coup, vous risquez de revoir des éléments de décors, animations et modèles utilisés dans MTGS V. Je n’ai pas remarqué de bogues graphiques majeurs, et les animations sont fluides. Rien d’exceptionnel, mais toutefois agréable!


L’ambiance sonore

Ensuite, il y a la musique et le son du jeu. Tout fonctionne assez bien dans son ensemble. La musique nous rappelle celles de la franchise Metal Gear Solid, et les effets sonores sont très dans leur ensemble. Cependant, j’ai remarqué que la majorité des animaux font le même son lorsqu’ils sont tués. Ce n’est pas très important, mais c’est quelque chose qui m’a vite agacé. Mais en général, tout est très bien exécuté en ce qui concerne le son et la musique.

D’ailleurs, le jeu nous offre également de petits easter eggs musicaux pour récompenser les joueurs curieux. En trouvant des boîtes cachées dans l’environnement, on peut gagner l’accès à des pistes musicales pouvant être jouées dans notre camp de base. Par exemple, des pièces de jeux rétro tel que Contra et Castlevania se retrouvent dans ma liste d’écoute. Il y a également des versions remastérisées et remixées dans autres thèmes musicaux de la franchise Metal Gear. C’est une belle touche que j’ai apprécié. Kudos Konami!


Metal Gear Survive, au final?

Malgré le fait que la sortie de Metal Gear Survive aie été controversée, je dois avouer que j’ai apprécié mon expérience avec le jeu. Certes, l’histoire est prévisible et les personnages sont caricaturaux. Mais le gameplay est assez solide pour offrir un bon divertissement. Cependant, Konani n’a pu s’empêcher de tomber dans l’avarice en incorporant un système de monnaie pouvant être achetée par le joueur. Malgré ce système de SV Point, le jeu nous en offre régulièrement en solo afin de nous permettre de se procurer des animations pour le mode multijoueur, ou bien pour se procurer un deuxième personnage. Le jeu est beau et les contrôles sont très similaires à ceux de Metal Gear Solid V, et la difficulté du jeu nous permet d’avoir un bon challenge après quelques heures de gameplay.

Au final, je recommande aux gens de se procurer Metal Gear Survive s’ils aiment les jeux de survie et de crafting. Certes, ce n’est pas un vrai Metal Gear, mais le knockoff est tout de même bien réussit dans son ensemble. Si j’avais une plateforme à favoriser sur l’autre, je dirais sur consoles. De cette façon, vous risquez de pouvoir rencontrer plus de joueurs en multi-joueurs.

On aime :

  • L’esthétisme du jeu est réussie;
  • L’élément de survie est bien exécuté;
  • Le mode multi-joueur est vraiment bien et offre un bon challenge;
  • Les contrôles sur manette sont intuitifs et répondent bien;
  • Les « easter eggs » musicaux cachés dans le jeu

On aime moins :

  • Les micro-transactions et les SV Points;
  • Les contrôles clavier-souris laissent à désirer sur PC;
  • Impossible de faire le mode histoire en coop.

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Jonathan Gaudreau

About Jonathan Gaudreau

Cela fait maintenant un peu plus de dix ans que je travaille dans le domaine du jeu vidéo. J'ai débuté ma carrière dans l'industrie avec un travail de testeur en assurance-qualité chez un sous-traitant spécialisé dans le test de jeux vidéos et, rapidement, mon expertise sur le monde des médias interactifs, ainsi que mon expérience en assurance qualité s'est approfondie. Encore aujourd'hui, je continue de jouer régulièrement et me tient à jour sur les jeux de l'heure, et ce malgré tout ce temps passé devant des consoles à écrire des milliers de bogues. Aujourd'hui, je travaille activement pour devenir concepteur de jeux et je me ferai un plaisir de partager avec vous mes trouvailles et connaissances. C'est une merveilleuse aventure qui nous attend...

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